Jamais je n'aurais cru que je dirais ça un jour. Ne serait-ce qu'il y a quelques années, j'aurais jugé très fortement improbable qu'un jour je me mette à parler en ces termes, et pourtant me voici ce soir en train d'écrire toutes les raisons qui font que, maintenant, courir ça m'éclate!

Si on reprend l'aspect historique de ma relation avec le sport en général, et la course en particulier, on voit que ça n'a pas démarré dans le rose. A l'école primaire, ça allait encore, car pour être franche, du sport on n'en faisait pas. Ou du moins tellement peu que je ne m'en souviens plus. Au collège puis au lycée, bien sûr, j'ai commencé à avoir quelques heures d'EPS inscrites à mon emploi du temps. Et franchement ce n'étaient pas, et de loin, les heures que je préférais! Si on allait à la piscine, c'était un moindre mal, car dans l'eau j'étais assez à l'aise. L'athlé, c'était le deuxième domaine que je détestais le moins: au moins c'était varié et il y avait un aspect ludique. Mais le reste, les sports co, les sports de combat, c'était pour moi une énorme corvée. Je crois que j'aurais préféré n'importe quelle autre matière, même la physique en terminale avec une prof à l'esprit obtus, même la philo avec une prof insipide... Je me souviens encore de mon prof d'EPS en cinquième qui passait son temps à nous hurler dessus en nous appelant par nos noms de famille (et pourtant je n'étais pas celle sur laquelle il hurlait le plus)... Je me souviens encore des deux heures d'EPS pour débuter la semaine en seconde, où il me semble qu'invariablement le prof nous faisat faire du hand. Moi je n'en ai jamais compris les règles, et franchement de 8 à 10, on a mieux à faire que se geler les doigts au milieu d'une cour au sol verglacé! Non?

D'un point de vue perso, à partir de l'adolescence, j'ai commencé à avoir des maux de tête carabinés. Mon médecin de l'époque, qui ne savait sans doute pas quoi faire d'autre, m'a... conseillé? non, vivement recommandé, de faire du sport. Pffff... Le moins terrible pour moi, ça a été d'accmompagner Papa qui allait courir tous les dimanches matins au Plan d'Eau. J'y allais vraiment parce que j'étais obligée. Et puis ça a commencé à devenir moins désagréable lorsque j'y retrouvais une copine. On se traînait, d'abord péniblement puis de moins en moins, sur un tour, puis deux, puis trois les jours de grande motiv', voire un peu plus même. Sachant qu'un tour c'est 3 km, c'était quand même pas si mal pour des jeunes de 15 ans. Et puis je me disais aussi que si je ne voulais pas trop grossir il fallait aussi que je me bouge. Courir, à l'époque, c'était donc essentiellement un acte avant tout raisonnable, raisonné, une contrainte à laquelle il fallait bien se plier. 

Quand j'étais étudiante, je me disais qu'il fallait que je coure, qu'il fallait que j'aille à la piscine. Je le faisais de temps en temps, j'allais sur la colline de Pech David à Toulouse (juste au dessus d'AZF qui a explosé par la suite, un très joli endroit d'ailleurs, en plein vent comme il me plaît!)... Mais bon, courir seule, c'était pas ce qu'il y avait de plus agréable, et en plus je ne pouvais pas ne pas penser que ça pouvait être potentiellement dangereux. Avec tout ce qu'on entend sur tout ce qui se passe...

Ensuite je pense que j'ai fait une graaannnnde pause dans le sport.

Et puis j'ai recommencé à me bouger. Fait un an de gym volontaire, pris des abonnements piscine, ce qui me plaisait car la piscine près de chez nous, est vraiment sympa. Après il est vrai qu'il faut se bouger, se motiver pour ressortir lorsqu'il fait nuit et froid... mais en général une fois que j'y étais, j'appréciais. Je me suis remise aussi à courir, avec mes vieilles baskets de lycée d'abord (c'est dire si elles ont fait leur temps ces Ree*bok!) et puis j'ai racheté des chaussures. Et puis Thomas s'est mis sérieusement à la course à pied. ça m'a motivée. On a pu courir ensemble quelques fois et ça c'était vraiment agréable. Et puis y a pas photo, plus on court, plus on y prend goût.

Il y a eu aussi les premières courses officielles auxquelles j'ai participé. (Payer pour courir, faut être un peu dingue!) La première c'étaient les Foulées de ma ville de naissance, en mars 2014 (ceci est la date de ma première participation au Foulées, pas celle de ma naissance... ben non, sinon je ne m'exprimerais pas si bien, quand même!). L'année précédente, on était passés en tant que spectateurs et j'avais trouvé l'ambiance tellement chouette que ça m'avait donné envie de participer. Donc en 2014, zou... et j'ai adoré. J'ai adoré courir parmi 2000 autres T shirts fluo, voir dans les descentes le serpent géant et multicolore composé de tous ces coureurs, voir les bandas qui jouent le long du parcours et les kilomètres qui défilent. 10 km en 57 minutes, j'étais drôlement contente et drôlement fière de moi! Ensuite, j'en ai fait quelques autres, quelques trails aussi dont celui de Mosnac qui est tip top! Je me suis mise à courir de plus en plus longtemps, notamment le long de la côte quand on va à la mer... Record de 17 km, puis passage à 20, 21... Et puis le semi de Bordeaux, celui de Cognac aussi l'année dernière... Et c'est pas fini!

Je pense que j'ai fini par attraper le virus, un genre d'addiction presque qui fait que souvent, je pense à la course à pied, j'ai envie d'aller courir... je me dis flûte, pas eu le temps hier, pas le temps aujourd'hui, quand je rentre après le boulot, il fait nuit depuis un long moment... Cette presque addiction me pousse à sortir parfois alors qu'il pleut des cordes et que pourtant je serais aussi bien au chaud avec un bon thé, c'est pas un souci, je ne suis pas en sucre, je ne vais pas fondre même si mes lunettes vont se couvrir de buée et mes cheveux devenir trempasses comme une serviette qui serait tombée dans la baignoire... Cette presque addiction qui fait que, ça y est je l'avoue, j'ai un tableau excel où je note mes temps et mes distances parcourues... Qui fait que je suis fière lorsque je cours, je suis fière de me dire que je fais tout ça à la seule force de mes pieds, de mes jambes et de ma volonté. Quand je cours dans des descentes, j'ai l'impression de voler, une furieuse sensation de liberté comme si j'avais 10 ans ou même moins, et que j'étais en train de dévaler les champs des Sablons en me croyant dans le générique de la Petite maison dans la prairie. Courir me confirme que je suis bien vivante, que je suis libre d'aller où je veux avec mes baskets. J'ai vu le film "Free to Run" hier soir, je l'ai trouvé très bien, instructif et émouvant aussi, en particulier parce qu'il y est dit des choses qui résonnent pour moi. Pouvoir courir est une grande chance, je la mesure et j'en profite!